Les champs de l’espoir de la jeunesse africaine

Malgré les difficultés d’accès à la terre, le manque de financement et la problématique de la formation, de nombreux jeunes se plaisent dans l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire sur le continent.

Willy Brice Socbou rêve d’être à la tête d’une grande exploitation d’ananas. En attendant, il cultive quelques hectares de terre à Loum dans le département du Moungo, région du Littoral. Il cultive la variété d’ananas « pain de sucre ». C’est avec fierté qu’il invite tous ceux qui passent devant son stand au palais des congrès à l’occasion du Sommet international de l’entrepreneuriat agro-pastoral des jeunes, a gouté aux fruits de son labeur.

Bien que pas très gros, les fruits du jeune Willy Brice sont très juteux et sucrés. Il dit mettre beaucoup de passion dans ce travail qui l’occupe depuis 4 ans. Il est venu au sommet de Yaoundé pour encourager les autres à se lancer dans l’agriculture.

« La terre ne trahit jamais »

 « La terre ne trahit jamais », lance-t-il en reprenant à son compte une phrase extraite discours du président camerounais Paul Biya, à la jeunesse en 2016. Ce n’est pas que tout soit facile. Le secteur agro-pastoral, à l’instar des autres secteurs connaît d’énormes difficultés.

« Il faut y investir énormément avant d’avoir une bonne moisson », souligne M. Sobcou. Sa détermination, on la retrouve chez d’autres jeunes africains présents à ce sommet présidé par les autorités camerounaises. Notamment le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Gabriel Mbairobe et le Dr Taiga, ministre de l’Elevage, des pêches et de l’Industrie animales.    

A l’exemple de Félicité Yolande Nedzigui. La jeune femme d’une vingtaine d’années a toujours su qu’elle fera carrière dans le domaine agro-pastoral. Lorsque malgré son diplôme de conseiller agropastoral, les portes de l’emploi tardent à s’ouvrir, elle se lance sans trainer dans la transformation du manioc considéré comme l’or blanc.

A Ntui, chef-lieu du département du Mbam et Kim, région du centre où est installée sa très petite entreprise « Bedzigui cassava Flour », elle transforme le manioc en farine de coucous et farine pâtissière et cosette (chips de manioc). Voilà deux ans que ça dure. Mais Mlle Bedzigui ne crie pas encore victoire. Le chemin est long et les difficultés de différents ordres.

Emplois décents

«J’ai une clientèle que je n’arrive pas à satisfaire car ma production est encore artisanale. Je produis une tonne de farine par mois. J’ai besoin de financement pour acheté une machine », révèle-t-elle. Battante, elle réussit à contourner certaines entraves. En 2017, elle a bénéficié de l’accompagnement du Programme de promotion de l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes (Pea-Jeunes).

Il cible les hommes et femmes de 18 à 35 ans ayant ou voulant investir dans les activités agropastorales. En 4 ans, selon Alfred Bela Tomo, le coordonateur de ce programme, 800 jeunes se sont positionnés dans différents maillons de la chaîne des valeurs.

L’objectif du sommet de Yaoundé était d’ailleurs de réunir les politiques, le secteur privé, les bailleurs de fonds et les jeunes pour que soit créé « un environnement propice à la transformation agricole et l’autonomisation des jeunes ». Parce que souligne-t-on au Minader, l’agriculture est un important vivier d’emplois décents.

Au Ghana, cela est une réalité pour Linda Lauba Ahbilla, de la région de l’Est et surtout Roseline Delali Ashigbui, la fondatrice de Delchris. Une PME qui réalise des friandises (bonbons, caramels) avec des produits africains (maïs, gingembre, arachides, etc). « Je travaille avec les femmes et les jeunes de ma communauté à Hohoe, dans la région du Volta au Ghana. Ce qui leur a permis d’améliorer leurs conditions de vie », dit-elle dans un anglais chantant.

Elsa Kane à Yaoundé

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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