Election présidentielle au Cameroun: les projets agricoles des candidats (1)

Akere Muna, Maurice Kamto, Adamou Ndam Njoya 3 des 9 candidats présentent leur programme pour faire de ce secteur un maillon fort de l'économie.

Maurice Kamto : moderniser les exploitations familiales

Candidat à l’élection du 7 octobre sous la bannière du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) Maurice Kamto mise sur un taux de croissance situé entre 8 et 12%  pour assurer le développement du Cameroun.  Un boom économique qui ne fera pas sans le secteur agricole. « Notre  politique agricole au Mrc a deux objectifs. Celui d’assurer la sécurité alimentaire du pays tout en procurant des revenus aux producteurs et faire du Cameroun un exportateur des produits agricoles », explique l’homme politique. Il entend donner une place de choix aux exploitations familiales. Elles sont incontournables. Même en l’absence des statistiques, on peut mesurer les rôles que joue l’agriculture familiale en faisant un tour dans les marchés de Yaoundé ou 60 % des vivres proviennent des exploitations familiales. Elles sont donc un grand pourvoyeur d’emplois. « C’est une agriculture de qualité qui utilise peu de pesticides», vante Elisabeth Atangana, ambassadrice spéciale de la Fao pour les coopératives agricoles. S’il est élu, Maurice Kamto promet de mettre en place un processus de modernisation de ces structures pour qu’elles puisent produire une offre répondant à la demande. Ce processus de modernisation concerne aussi : les grandes plantations, les produits traditionnels de rente,  les produits vivriers destinés au marché international. 

Maurice Kamto est conscient que le développement du secteur agricole ne peut se faire sansun accès sécurisé des populations à la propriété foncière. De nombreux paysans, notamment les femmes  n’ont pas toujours accès à la terre. Même quand il s agit d’un héritage familial, l’obtention du titre foncier se heurte parfois à la corruption.Il annonce la mise en place d’un semencier national.«Sur le plan agro-industriel, la politique du Mrc consistera en la mise en place des agropoles spécialisées suivant les bassins de production. Il s’agira de mettre en place des filières agro-industrielles complètes, allant de la production des produits agricoles primaires à leur transformation industrielle par des unités de production articulées aux bassins de productions ».

Akere Muna : des hubs agricoles

Investit par le Front populaire pour le développement (Fpd), Akere Muna  propose une reforme agricole axée sur trois composantes. « Nous allons encourager la création des coopératives qui favoriseront la production locale pour permettre l’autosuffisance dans la production alimentaire et la promotion des initiatives de croissance régionales et locales. L’industrialisation pour la transformation des produits agricoles» propose le Fpd.

Akere Muna souhaite mettre en place des hubs agricultures et artisanal (HAANA. Il s’agira de créer 7 centres nationaux (marchés régionaux de gros) et 8 sous-centres dont 4 centres secondaires reliés à chaque centre principal. Ces hubs vont fournir un marché régional pour tous les produits agricoles. Ils vont faciliter l’accès et la transformation locale des produits. « Ces hubs accueilleront des activités comme la banque, l’assurance, la santé, l’école. Nous allons mettre en place des infrastructures routières et de transports pour que les hubs puissent se développer en tant que nouvelles villes», assure Akere Muna.

 Ndam Njoya : relancer la filière café

« Le Cameroun doit sortir de la situation des "opportunités" pour s'inscrire dans une véritable logique des réalisations des projets agricoles», ainsi parle Adamou Ndam Njoya ancien ministre d’Etat et depuis plusieurs années opposant au régime de Yaoundé.  En course pour la présidentielle sous les couleurs de l’Union démocratique du Cameroun, propose pour le boom du secteur agricole de « choisir à tour de rôle un produit phare, y concentrer toute l'énergie nécessaire, des moyens subséquents de manière à créer toutes les retombées possibles susceptibles de contribuer à booster la croissance».

A la tête d’exploitation de café qu’il dirige avec son épouse, le candidat de l’Udc compte poursuivre les actions menées actuellement en mettant un accent sur les femmes rurales et les jeunes. Dans le département du Noun région de l’Ouest, il organise « La Fête du café» avec l’objectif d’encourager les populations au retour vers cette activité. « Les femmes dans le café sont devenues de véritables actrices qui participent à tous les niveaux de la chaine des valeurs, c'est-à-dire  de la plantation à la commercialisation. Lors de la  journée internationale de la femme rurale  nous organisons une foire agricole dédiée exclusivemen aux femmes agricultrices dans le cadre du syndicat des communes du Noun. Quant aux jeunes, ils sont attirés dans la relève des adultes avec des projets tels "le New Génération" en partenariat avec le CICC qui consiste à céder des parcelles de terre à des jeunes pour la culture du café», indique un responsable du candidat de l’Udc.

Elsa Kane Njiale à Yaoundé

Agriconseil du mois

Garfa Fatimé Aldjineh, la 2ème femme architecte de l'histoire du Tchad qui élève des poules pondeuses: «Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander des conseils pour mieux avancer».

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