« Le conseiller agricole est une courroie de transmission »

Co-organisateur de la journée des innovations en conseil et vulgarisation agricole au Cameroun, Nestor Ngouambé, expert-consultant, revient sur les objectifs d’un tel projet.

Quelle est l’opportunité d’organiser un événement sur les innovations en conseil et vulgarisation agricole ?

Actuellement, nous nous rendons compte que les modes de culture changent, les outils changent, le climat change et il était bon de voir  quels sont les différentes techniques, quels sont les différentes innovations mises  au point pour permettre aux agriculteurs de s’adapter  à ce contexte changeant. C’est pourquoi la thématique centrale de cette journée  tourne autour du changement climatique des TIC et de l’implication du genre dans le domaine de l’agriculture. Nous avons constaté qu’il y a beaucoup d’innovation en agriculture au Cameroun qui ne sont malheureusement pas connues du grand public.

Il s’agit certes d’une première édition, mais notre souhait est d’en organiser d’autres pour valoriser ces savoir-faire qui méritent d’être reconnue. Pendant cette journée, nous avons découvert un semoir très innovant qui permet de mettre à la fois la graine et l’engrais dans le sol. Nous avons vu des approches développées par une association des jeunes où on utilise des vidéos pour renforcer les capacités des producteurs qui ne sont pas toujours aller à l’école comme nous autres.

 Le concept de conseil agricole est encore mal compris du grand public. QComment définir cette notion ?

Le conseil agricole est aujourd’hui en même temps une approche et en même temps un  outil c’est-à-dire un ensemble d’informations, de package technologique, un ensemble  d’éléments qu’on met  à la disposition des producteurs pour leur permettre de  mieux  faire ce qu’ils font actuellement. Les personnes, les experts qui sont en charge de développer ces outils et de les mettre à la disposition des producteurs sont appelés conseillers agricoles.

Les innovateurs développent ce qu’on appelle les innovations et celles-ci doivent être disponibles pour les producteurs. Pour cette raison, ils ont besoin des conseillers qui dans un premier temps s’approprient eux-mêmes de l’innovation, développent  maintenant les outils adéquats pour permettre que ces innovations soient accessibles aux producteurs à la base. Donc le conseiller vient agir comme une courroie de transmission entre les innovations développées soit par la recherche, soit par les  experts et les producteurs. D’un côté on a une demande de service et de l’autre, on a les innovateurs qui développent les services et à travers les conseillers, ces services sont facilement mis  à disposition de l’un et de l’autre.

Quelles sont vos perspectives pour les jours à venir ?

Déjà comme dit plus haut, nous souhaitons organiser d’autres éditions de ce genre. Cela permet de capitaliser les acquis. Mais au-delà de la mise en lumière des dernières innovations en agriculture, il faut produire une documentation, une sorte d’inventaire de toutes ces projets là et les rendre ces informations accessibles au grand public. Nous travaillons aussi à chercher des financements pour les innovateurs. Les subventions peuvent aider à baisser les coûts de production de leurs innovations et qui seront à leur tour accessible à moindre frais pour les agriculteurs.

 Propos recueillis par Elsa Kane Njiale à Yaoundé

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.