De l’aéronautique à l’agriculture bio

Après ses études, Fatimé Adago Yacouba a décidé de se lancer dans l’agribusiness. Elle a investi dans 17 hectares de terre et emploie une dizaine de jeunes.

Elle a fait des études d’aéronautique en Ethiopie. Mais, Fatimé Adago Yacouba, la vingtaine, a décidé de rentrer dans son pays pour lutter contre le chômage qui touche des jeunes. La jeune mère de 3 enfants a mis le cap sur le Tchad en 2015 avec un mot en tête : agriculture. «J’ai préféré l’agriculture pour des raisons humaines et environnementales. La terre est cet héritage que Dieu nous donne et qui ne finit pas. On peut la travailler très longtemps. En plus, elle nous aide à comprendre la nature. Humainement, elle crée des contacts avec le monde rural. Ce qui permet d’équilibrer sa vie sans oublier l’embauche qu’elle crée».

Produire, transformer et consommer local et bio

Elle détient 17 hectares de terre sur lesquelles elle a déjà planté plus de 200 pieds de manguiers. En cette période de grande récolte, ses revenus sont investis dans l’entretien du champ et du personnel : « je ne vends pas personnellement les mangues. C’est le gardien qui le fait. On retrouve au moins 30 caisses de mangues mûres par semaine. Il y a une partie qui est vendue et l’autre destinée à la consommation ».

 «Le but ultime est de faire consommer à la population des produits agricoles 100% bio. Ce qui est rare ces derniers temps. Pour le moment, j’emploie une dizaine de personnes qui s’occupent du jardin et du champ », précise Fatimé. Sur le champ est également cultivé des légumes telles l’oseille, le gombo, le piment.

Pour développer son activité, la jeune aéronaute a noué un partenariat avec Union Farms of Africa et African Youth in Agribusiness, des associations fondées par Justin Ajinga, un jeune camerounais à la tête des écoles de formation et d’exploitations agricoles. Comme lui, elle veut être une référence de l’agriculture moderne au Tchad. « Si les autres dans les pays voisins l’ont fait, pourquoi pas nous au Tchad ? Je vise très haut et avec leur aide,j’y arriverai. Je crois que produire, transformer et consommer local et bio est possible. Je compte associer la technologie à l’agriculture» insiste-t-elle.

Se fixer un objectif et de travailler dur pour le réaliser

Ses cultures ? Le maïs et les légumes, très consommés par les tchadiens. Pour écouler, elle mise exclusivement sur la population, sa « clientèle prioritaire » et compte  créer une boutique de vente de produits agricoles. Elle a déjà un nom: «Khadar Market. Elle ne lésine pas sur les moyens : « je mettrais tout ce que je peux dans mon projet et dans l’agriculture. L’agriculture représente beaucoup pour moi ». Pour cette campagne agricole, elle entamera avec le maïs.

Elle puise en partie sa force dans le soutien indéfectible de son mari. Comme conseils aux jeunes, elle leur demande de se fixer un objectif et de travailler dur pour le réaliser. S’entourer comme elle, de jeunes agriculteurs avec lesquels on a une vision commune. Dans sa boule de cristal, Fatimé Adago Yacouba ne voit l’avenir agricole qu’en un terme : radieux.

Marabeye Archange à N’Djamena

Agriconseil du mois

Quand vous voulez vous lancer dans l'agriculture, si vous le voulez vraiment, lancez-vous. De nombreuses personnes vont tenter de vous décourager. Foncez en cherchant toujours à apprendre sans avoir peur d'échouer. Faites de l'agriculture votre métier et vous ne manquerez jamais de rien», Carine Poupoum, 33 ans, jeune agricultrice à l'Est du Cameroun. Elle épargne 500 000 F. Cfa par an grâce à la terre.