Cameroun : du pain, des beignets, des croissants, des biscuits faits à la farine de plantain

Lyse Kombi, promotrice de la boulangerie « Sugarail », utilise 40% de cette poudre dans ses pâtisseries.

Après avoir vécu à Londres où elle travaillait dans le commerce international, cette jeune femme a préféré rentrer au Cameroun. Elle s’est lancée dans la transformation des produits agricoles.

Vous êtes depuis le 28 juin 2017 à la tête de la boulangerie Sugarial qui propose 15 variétés de produits à base de farine diverse. Présentez ce nouveau concept ?

Sugarail propose du pain (baguette, au lait, au chocolat), des beignet, des troopeurs, des cookies, des croissants, des donuts, des biscuits et des pièces montées qui ont la particularité d’être faits à base de farine de plantain. Nous avons aussi quelques produits réalisés avec  la farine de manioc, de carotte. J’utilise 40% de farine de plantain et 60% de blé pour mes pâtisseries.  Mon ambition est d’arrivée à réduire le pourcentage de la farine de blé. Pour cela mon équipe et moi s’inspirent du « Just Time », un business model venu du Japon. Nos produits sont fabriqués en petite quantité sur commende pour des expositions.. En février, nous avons présentés ces pâtisseries à la 6e édition des Journées de l’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation du Cameroun (Jersic) à l’hôtel de ville de Yaoundé. Nous avons remporté le prix du meilleur chercheur indépendant pour l’utilisation de cette farine en boulangerie  et une cagnotte de 100 000 Fcfa.

Un beau parcours pour vos débuts. Comment vous retrouvez-vous dans la transformation des produits agricoles sans une formation dans le domaine ?

 Par passion et curiosité. Il est bien vrai que je suis loin d’être du domaine culinaire. J’ai un background dans le business-commerce., l’éducation,  les  groupements internationaux. J’avais un souci qui était de mettre en valeur les produits à base de matières locales, des farines qu’on n’utilise généralement pas. Lors d’une recherche  au Cameroun, je me rends compte qu’on utilise encore le blé à 100% et que dans les ménages, les femmes ont des plantations de plantain qui produisent bien mais, elles ne vivent pas de ça. Elles ont du transport à payer pour aller vendre. Et cela leur coûte deux fois plus cher quand il faut ramener les restes. J’ai vécu à Londres. J’ai déjà consommé du plantain congelé et écrasé. J’ai compris qu’elles ne tireraient aucun avantage de ces formes. Mais séché, elles pourront se construire des séchoirs hygiéniques et en faire de la farine. Ceci peut dès lors, constituer une source de revenus pour elles. C’est ainsi que l’idée me vient. J’ai appris à faire des petits produits, les gens ont apprécié et c’était lancé.

 Comment procédez-vous pour le ravitaillement en farine de plantain afin d’honorer vos commendes ?

 Les défis sont énormes pour une jeune entreprise comme la notre. Je suis entourée de jeunes gens dynamiques. J’ai monté une petite usine A l’aide d’une petite machine que j’ai installée. J’entaille du plantain puis je le fais sécher. Le processus de séchage est le même. Il faut du plantain frais, qu’on déshydrate et conserve de façon hermétique.

 Quelles sont vos perspectives ?

 Nous avons une boulangerie et un salon de thé au quartier Dakar à Yaoundé. Notre souhait est d’ouvrir un dépôt à Douala pour promouvoir les pâtisseries à base de farine de plantain. Nous sommes à la recherche de partenaires financiers. C’est pourquoi nous écumons les foires, festivals, pour nous faire connaître.

Propos recueillis par Elsa Kane Njiale à Yaoundé

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